Prime exceptionnelle de fin d’année : des cacahuètes ?

Suite aux pressions du grand patronat, le gouvernement a annoncé qu’il autoriserait le versement d’une prime de fin d’année totalement défiscalisée.

Le 11 décembre la direction du groupe Orange a communiqué sur une prime de 1 000 € qui serait versée aux salarié·e·s touchant moins de 25 k€ bruts annuels et une prime de 500 € pour ceux touchant jusqu’à 30 k€ bruts annuels.

Suite à cette annonce, la CGT OBS a demandé à rencontrer la direction de l’UES NRS afin de savoir comment serait déclinée la prime chez nous et en demandant que tous les salarié·e·s soient concernés.

Lors de la réunion qui s’est tenue le 17 décembre, la direction NRS nous a dit que la prime serait versée aux salarié·e·s de NRS selon les modalités définies par Orange dans le « respect de notre équation économique ».

Le montant final n’est pas encore connu car la direction attend de savoir ce qui sera effectivement défiscalisé (salaire, parts variables).

A priori, seuls 250 à 500 salarié·e·s devraient toucher la prime – sur les +4 000 de l’UES NRS.

À date, ce qui est sûr, c’est que le montant de l’enveloppe de primes diminuera l’intéressement !

Nous traversons actuellement une conjonction de crises économiques, sociales, environnementales et démocratiques. Alors que le gouvernement et les directions d’entreprises entretiennent la division du monde du travail et la déstructuration de toutes alternatives, le contexte interpelle la citoyenneté y compris dans l’entreprise.

 

Payez les qualifications !

 

Le travail et les qualifications ne sont pas des coûts, mais des actifs à valoriser, des facteurs de création de valeur ajoutée. Pourtant, l’entrée dans l’emploi est souvent synonyme de précarité, de fragilité et d’instabilité et les grilles de salaires et des rémunérations ne reconnaissent pas le niveau de qualification.

Un an après l’obtention du diplôme, la moitié des jeunes pros gagnent moins de 22 k€ bruts par an au niveau Licence, et 30k€ bruts par an au niveau Master. De plus en plus de cadres gagnent moins que le plafond de la Sécurité sociale. Les écarts de rémunération entre les femmes et les hommes restent de 25,7 % en moyenne, ce qui génère environ 40 % d’écart de pension à la retraite, comme si les femmes avaient moins de besoins que les hommes tout au long de leur vie.

Concrètement, les impératifs de rentabilité à très court terme, les remises en cause du cadre législatif de la rémunération du travail, se traduisent par un management brutal par le chiffre et la pression sur les salarié·e·s.

 

Une situation qui interpelle la direction d’Orange

 

Cette situation inédite a été reconnue par le PDG d’Orange, Monsieur Stéphane RICHARD qui, dans une interview du 6 décembre à France Info, en appelle à la responsabilité des entreprises et indique « qu’il va falloir qu’on lâche du lest ».

En totale adéquation avec les préconisations du PDG d’Orange, la CGT OBS demande à la direction d’OBS SA (ex-NRS) de montrer l’exemple et d’octroyer une prime exceptionnelle immédiate d’au moins 1 000 € – à tous les salarié·e·s, payable avant la fin d’année 2018.

Ces mesures sont aujourd’hui indispensables pour redonner du pouvoir d’achat aux salarié·e·s, c’est comme cela que nous comprenons la responsabilité sociale d’entreprise invoquée par Monsieur Richard.

La CGT OBS demande également que lors des prochaines NAO, il y ait une augmentation de salaire significative avec un minimum d’augmentation générale de 500 € bruts annuels.

 

Pour que ces revendications soient entendues, la CGT OBS appelle tous les salarié·e·s des filiales d’Orange Business Services SA à participer activement à la journée de mobilisation et de grève du 14 décembre 2018.

 

Malaise chez les commerciaux NRS : les résultats de notre enquête

À la suite de remontées de salariés des services commerciaux de l’UES NRS, la CGT NRS a décidé d’interroger les commerciaux des différentes filiales de l’UES sur leurs conditions de travail (enquête réalisée auprès de 228 commerciaux de l’UES NRS, du 11 juillet au 4 septembre 2018).

Plus d’un tiers des salariés des directions commerciales des filiales s’est exprimé au travers de l’enquête, mettant en lumière plusieurs dysfonctionnements au sein des équipes.

Du côté de la rémunération, plus de la moitié des sondés se déclarent insatisfaits. Cette part augmente quand il s’agit d’évaluer l’équilibre entre part variable et salaire fixe.

Pour la majorité des sondés, les objectifs fixés sont difficilement réalisables même si la plupart d’entre eux parviennent au bout des challenges et ce, dans un contexte où l’activité reste intense tout au long de l’année.

61% des salariés ayant répondu à l’enquête sont globalement insatisfaits des moyens alloués pour exercer leur métier. Le reporting, les soutiens managériaux, les outils et les ressources de production ou d’avant-vente sont perçus comme insuffisants.

Du côté de la relation clients et partenaires, 55% des sondés sont plutôt satisfaits de la situation actuelle. A noter cependant qu’un tiers des sondés semble avoir des difficultés.

Sur le plan de la santé et des conditions de travail les sondés déclarent en majorité devoir travailler régulièrement depuis leur domicile le soir, les week-ends et pendant leurs congés ce qui entraîne des problèmes de santé pour 61% d’entre eux.

Enfin, témoin d’un vrai malaise, la plupart des salariés interrogés (71%) expriment des situations régulières de mal-être (irritabilité, lassitude, envie de pleurer, etc.).

L’accumulation de difficultés, tels que le manque de moyens, les objectifs trop élevés, le manque de soutien hiérarchique, conduit à des niveaux de stress et de fatigue très préjudiciables pour une majorité des salariés du commerce.

Fort de ce constat inquiétant, la CGT NRS a décidé d’alerter la direction en saisissant les CHSCT. Rappelons que l’employeur à l’obligation d’assurer la santé physique et mentale des salariés. La santé ne doit pas être dégradée par le travail. Notre enquête montre qu’il existe un vrai problème au commerce NRS, à traiter avant qu’il ne soit trop tard.

Version audio de l'article :

 

Minima salariaux – Prime Vacances

Notre convention collective prévoit dans son article 31 une prime de vacances. Chez NRS elle est versée en juin. Dans l’UES NRS son montant représente environ 1% du salaire annuel brut.

Tous les ans, la direction contrôle si les salaires des salarié·e·s respectent les minima salariaux conventionnels et ceux définis dans l’accord NAO 2007.

Lors de cette vérification, la direction incorpore la prime de vacances dans la rémunération.

Or, il ne faut pas inclure cette prime de vacances !

Ceci a été précisé dans un avis d’interprétation de la convention collective du 7 janvier 1997.

Par ailleurs, seules les primes relatives au travail fourni peuvent être incluses dans la rémunération à des fins de comparaison avec les minima salariaux (exemple : part-variable).

Cela est important car potentiellement tous les salarié·e·s étant à peine au-dessus des minima seraient en dessous !

Si vous êtes dans ce cas, contactez-nous.

Accord d’intéressement : c’est signé pour 3 ans !

La CGT NRS a signé le nouvel accord d’intéressement 2018-2020. Nous n'avions pas signé le précédent accord car il pénalisait certaines filiales (raison pour laquelle OCD et OC n'ont pas touché d'intéressement depuis 2 ans) et il ne récompensait pas suffisamment la surperformance (OAB a été pénalisé en 2017 malgré ses très bons résultats).

A la suite d'une négociation avec la direction de NRS qui a duré plusieurs mois, nous avons abouti, avec la CFDT en intersyndicale, à un accord meilleur que le précédent.

Nous rappelons brièvement les principales avancées :

- Seuil de déclenchement à 50% de l'objectif (vs 90% dans le précédent accord)

- Indicateurs basés sur des valeurs consolidées (contre des prévisions irréalistes dans le précédent accord)

- Distribution plus solidaire entre les filiales (seule la surperformance reste propre à chaque filiale)

- Plancher définit à 1 PASS (environ 40 k€), garantissant que les salaires en dessous de ce montant toucheront un meilleur intéressement.

- Pondération des indicateurs EBIT retraité et CA services, en privilégiant le CA service, indicateur qui dépend moins de choix financiers et subjectifs de l’entreprise

A noter que cet accord s'appliquera pendant 3 ans, mais les objectifs à atteindre seront redéfinis chaque année entre syndicats et direction. Nous devrons donc continuer à être vigilants sur leur définition.