Lors de nos visites, les échanges avec les salarié·es, notamment les développeurs, montrent que l’utilisation de l’IA soulève de nombreuses questions. Entre intérêt pour ces nouveaux outils et inquiétudes sur leurs conséquences, plusieurs points sont soulevés. L’objectif n’est pas de refuser l’évolution technologique, mais de garantir un déploiement encadré, avec des règles claires et des garanties pour les salariés.

Sécurité et la confidentialité.

Nos collègues ont bien identifié les risques liés à l’utilisation d’IA externes. La transmission de code, de besoins fonctionnels ou d’informations sensibles présente une menace pour la sécurité des produits et des droits de propriété intellectuelle. Si une fuite intervient suite à l’utilisation d’un outil encouragé par l’entreprise, la responsabilité ne peut pas reposer sur le salarié.

Perte de connaissances, qualité et sécurité des solutions développées.

L’utilisation massive de l’IA peut fragiliser l’acquisition et la transmission des connaissances, notamment pour les nouveaux arrivants et créer une dépendance à ces outils. Elle peut également rendre difficile la compréhension, la maintenance et la vérification du code produit. 

Impact sur les conditions de travail et l’emploi.

Le choix d’une IA ne peut pas uniquement se faire sur les promesses de performance. La direction doit prendre en compte la formation nécessaire pour accompagner les salarié·es dans ces nouveaux usages.

L’IA ne doit pas devenir un moyen d’augmenter les objectifs et/ou la pression sur les équipes, ni remplacer les salarié·es. Cet outil doit servir à améliorer la qualité et les conditions de travail, avant les objectifs financiers. L’Humain étant au centre des préoccupations du Groupe Orange.

Impact de l'IA sur la charge mentale des salariés.

L'introduction de l'IA dans les métiers transforme les pratiques de travail et peut entraîner une augmentation de la charge cognitive. L'apprentissage de nouveaux outils, la vérification des résultats produits par l'IA, l'évolution des méthodes de travail et l'adaptation permanente des compétences constituent autant de facteurs susceptibles d'avoir un impact sur les salarié·es.

Coûts exorbitants de l’IA.

Ils sont environnementaux et financiers. Sur ce dernier point, de grandes entreprises font machine arrière au regard des coûts des tokens (unité d'usage et de coût des IA). Après la phase exaltée de l’IA généralisée, viendra la chasse aux tokens : blocage de l'usage et limitation à certaines équipes. Cela engendrera des inégalités d’accès à l’IA (modèle, échelle) et d’attractivité des équipes. Autre point financier, à qui ira la plus-value générée par l’IA et qui paiera son utilisation ?

Nos revendications :

  • Avoir un cadre clair sur l’utilisation des IA et des responsabilités engagées ;
  • Avoir des outils sécurisés et des formations adaptées ;
  • Disposer d’une évaluation de l’impact de l’IA sur les métiers, les conditions de travail et la charge mentale ;
  • Abaisser le temps de travail, à emplois et salaires constants, grâce à la hausse de productivité engendrée par l’IA (moins d’heures hebdomadaires/plus de JRS) ;
  • Augmenter les salaires grâce à la plus-value générée par l’IA.